|
Liste d'archives : Bordeaux Deg-03.04 Cabal-1 Septembre04 Vin-AUGER Mitjaville-2004 Chili-2005 1988-2005 88-05 par thèmes Mas Jullien A.Arena Cap vert Mozart 2006 Italie Copeaux de chêne Krug-2006 Château de fargues Muscadets Beaux Arts. 25.10.2007 Bulles 11-2007 Douai-11-07 Comtes Lafon Rasteau, Doumade
|
DOMAINE DES COMTES LAFONPar Isabelle LECLERCQ DOMAINE DES COMTES LAFON
1- Macon-Chardonnay Village « Clos de la Crochette », Domaine des héritiers Lafon 2005
Au nez, se joue une portée aromatique assez saisissante de parfum de violette sur les lignes de laquelle se placent les notes classiques du chardonnay, que sont l’amande et les fragrances lactées de pâtisserie, aux altérations minérales de la craie.
La bouche découvre la fraîcheur florale des roses et de la violette, les gouailleuses confiseries des pâtes de noix de coco à la réglisse (british liquorice allsort !), aux saveurs sucrées de la fraise et à l’acidulé plaisant de la crème. Des amertumes agréables en finale permettent de prolonger la doucereuse partition d’un vin pur et d’excellente facture.
2- Meursault Village 2002
Davantage de fruits pour le nez de ce Meursault (fraise, pomme, comme la royale gala très sucrée) qui nous accueille, aussi, les bras chargés de fleurs : lilas, muguet, violette, et fleurs de pommier. La distinction aromatique du toast beurré du chardonnay signe une très discrète présence.
En revanche, ces touches lactées sont très nettes et très précises en bouche ; elles rappellent le lait frais, et la mousse de lait, apportent légèreté, fraîcheur, et le plaisir gustatif d’une expression pure, pleine de finesse, en exergue d’une concentration minérale qui, en contraposée d’une bienveillante acidité, en définit rigueur et tension.
3- Meursault Village Clos de la Barre Monopole 2000
Découverte d’un Meursault au raffinement élégant que confèrent précision et austérité d’un empyreumatique sobre et d’un boisé accort : cèdre, sève de pin (léger bonbon des Vosges), fumée et notes de brioche grillée.
La bouche, en réaction contre ce puritanisme annoncé, –réaction certes à tout prendre modérée, car subsistent des notes de tabac et de feuilles séchées et brûlées –, s’accorde les faveurs de la noisette, d’un beurré frais et d’une sapide crème fraîche liquide, dont l’acidulé donne l’impression dans la finale de goûts citronnés.
Le vin définit à lui seul l’oxymore d’un jansénisme sybarite, par les plaisirs raffinés et subtils qu’il dessert.
4- Meursault 1er cru Charmes 2001
Chauds, les marrons chauds ! et autres odeurs captivantes des grilloirs des vendeurs de noisettes caramélisées, de caramels au beurre salé, profusion d’odeurs alléchantes de pain d’épices, et de paniers de fruits secs.
L’éventail olfactif trouve en bouche la juste réplique de ces effluves forains, mais avec grande discrétion : saveurs lactées, épices douces, comme la muscade ou la fleur de Macis, la sève ou odeur de sapin, et la créosote des fours chauds. Le vin offre fraîcheur, - peu d’acidité -, et douceur. Les règles de la bienséance pour offrir tout en retenue et sagesse la pétulance festive d’un grand vin, qui ne cède en rien aux mollesses des chardonnays trop denses !
5- Monthélie Les Duresses 1er cru 2004
Jolies teintes de réglisse et de toast grillé beurré, sur fond de fruits acidulés (cranberry / airelle / merise) avec quelques impressions de poivron rouge. En ressort une bouche qui donne à croquer le fruit rouge savoureux, en particulier la fraise, dont l’acidité se combine avec le goût du bâton de réglisse. Peu d’extraction dans ce vin, qui bénéficie dès lors d’une grande finesse et d’une grande souplesse.
6- Volnay 1er cru Santenots du Milieu 1999
La minéralité du Volnay se décèle, au nez, par les flaveurs de graphite, mais plus particulièrement d’encre noire et de buvard. Un parfum très animal de fourrure... que la bouche entreprend de sérier parmi toute une fresque de tableaux de chasse, aux vapeurs terriennes... lièvre, sous-bois, humus... et feuilles de tabac. Plus de densité dans ce Volnay que dans le Monthélie, sans doute plus d’extraction aussi, mais s’apprécie la délicatesse d’une tessiture aromatique noble, une matière complète et précise qui s’étire dans une belle longueur, et au final, la quintessence des parfums orientaux riches et triomphants...
Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.
Ch. BAUDELAIRE
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
LE LANGUEDOC : DOMAINE DE PEYRE ROSE
Marlène SORIA a présenté son domaine.
Lire ci dessous les commentaires d'Isabelle LECLERCQ;
Un grand Domaine que celui de Peyre Rose ! Des vins magnifiques, splendides ! qui font aimer à travers eux la typicité d’une région, pleine du charme des garrigues ensoleillées, de ses empreintes culturelles, et font découvrir l’esprit féminin qui sait associer caractère et raffinement, comme la beauté sauvage de notre Manon des Sources. Marlène Soria, femme talentueuse, que rien ne destinait au travail de la vigne, a su parer ses connaissances acquises sur le terrain d’une grande affectivité et d’une intelligence hors norme.
Je tiens à ce que mes descriptions traduisent une ode à sa féminité qui vaut à ce point les sensibilités aromatiques que l’on goûte dans les vins de Peyre Rose.
Syrah Leone 1993
Les effluves essentiellement viandés que répand le verre nous attablent dans un jardin sudiste, pour y côtoyer un monde viril, sanguin, vigoureux mais aux accents délicieux de parfums de violette. La deuxième aération nous sert, grâce à la fève de cacao, les gâteaux au chocolat et les compotes de pruneaux de nos goûters enfantins. En bouche, la torréfaction et quelques légers amers permettent de piquer au vif des fruits noirs et cuits comme le sureau, qui se seraient autrement tus en raison des notes dominantes de marinade, l’expression retrouvée des arômes viandés du nez... Une acidité encore bien présente aux configurations vives et juvéniles pour des tannins bien lisses et fondus.
Syrah Leone 1994
Saisissante et capiteuse évasion vers les odeurs de foin et de douce fourrure des clapiers, balayées par les olfactions des oliviers alourdis de chaleur, pour une bouche agréable, vive et fraîche, qui laisse savourer, avec vivacité, la tranquille douceur du fruit croquant (la fraise, la grenade), et le rassérénant parfum des herbes aromatiques. Une deuxième gorgée, pleine d’une sensualité animale, apporte une confiture douce et suave, celle fondue dans la marinade aigre-douce d’un lièvre au sureau.
La deuxième aération développe les fruits grillés et caramélisés, progressivement l’orange sanguine cuite et confite, caramélisée et en reprise en bouche, le vinaigre balsamique.
Syrah Leone 1995
Le verre nous mène par le bout du nez vers une agréable senteur de liqueur balsamique mutée au café et au sucre cuit, pour nous conduire dans les alcôves fruiteuses du cassis et du sureau. Amarrée dans ces olfactions sybarites d’un plaisir vif et immédiat, la bouche, se laisse bercer par des tanins souples et fondus, et place dans sa nacelle des notes de torréfaction, de café, de jus d’olive noire, de thym et de romarin, qu’elle ballotte longuement sur le mouvement perpétuel d’une finale vive, riche d’alcool mais merveilleusement fraîche.
Syrah Leone 1996
Lever de rideau sur la scène gourmande d’un été aux senteurs de cassis cuit, de tarte à la myrtille et de chocolat, pour révéler une bouche généreuse de fruits croquants et juteux comme la quetsche, aux expressions kirschées et vanillées peu communes (en dépit de ce qu’il n’y a aucun élevage en barrique !). Le rideau ne se baisse que très lentement sur un vin majestueux, accompli, qui offre une représentation très aboutie des meilleurs languedocs.
Syrah Leone 1998
Le nez décrit les ardentes garrigues aux chaudes effluences des herbes de Provence, dans un paysage de vergers sur fond de méditerranée. Juste ce qu’il faut de fruits rouges frais, comme la burlat, pour apporter les lumineuses et vibrantes colorations impressionnistes d’un bouquet aux teintes de caramel au beurre salé et d’épices. La bouche est exaltante et exaltée, sauvage, dense, généreuse, pleine de la matière du champignon, puis du fruit, en particulier la myrtille, mais épicé, parfumé des vivifiantes baies de Setchouan, qui accordent une fraîcheur et une jeunesse surprenante.
Syrah Leone 2002
Si le nez se fait moins attachant, peut-être parce que plus fermé que les précédents, la bouche acquiert une finesse et une précision extrême dans la déclinaison féconde, généreuse - onctueuse en milieu de bouche – des fruits rouges que sont la fraise, la framboise et la groseille. Elle ravit dans les plus prodigues jardins fruitiers envahis de plantes aromatiques; goûts de menthe poivrée, de camphre et de réglisse qui construisent parfaitement une expression languedocienne de caractère, et de longue garde.
Oro 1996
Magnifique robe de la couleur du Sauternes, qui dévoile, au nez, des arômes de citrons confits au vinaigre, les parfums floraux de la rose et de la violette, déploie, en bouche, l’éventail des amandes, pour offrir une liqueur d’une incroyable finesse se languissant sur les amers de la gentiane ou de la quinine. Magnifique création d’un jardin charmant de fleurs et de fruits, berceaux de citronniers, kiosques enrichis d’amandiers et de noisetiers !...
Isabelle Leclercq – 8 avril 2008
Isabelle LECLERCQ

Accueil | Présentation
| Calendrier | Adhésion
| Partenariat | Actualité
| Contact
|