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Cabernet

Liste d'archives :

1988-2005

88-05 par thèmes

A.Arena

Bellivière CR

Bulles 11-2007

CR Ayala

CR Bellivière

CR vins de Marc Parcé

Clos Marie, C. Peyrus

Clos Marie, Ch. Peyrus - 11-2008

Comtes Lafon

Domaine Peyre Rose

EGiboulot-entretien

Entretien avec H. Augustin

Entretien avec H. Thibon...

Septembre04

Giboulot-Beaune

Italie

Krug-2006

MAS de LIBIAN, CR

Mas Jullien

Mozart 2006

Rasteau-Soumade

Vin-AUGER

Vins espagnols

Bordeaux

Cap vert

Chili-2005

Château de fargues

Deg-03.04

Douai-11-07

Mitjaville-2004

Muscadets

Document d'archives [Beaux Arts. 25.10.2007]

SOIREE EN COLLABORATION AVEC LE MUSEE DES BEAUX ARTS DE LILLE

Par YVES CRESPEL

Nocturne
De la mélodie dans mon vin

Palais des Beaux-Arts de LILLE
promenade dans les collections
Récital : Jimmy Vendeville, baryton
Jean-Michel Dayez, piano
Dégustation de vin: Les Vignes de Léo

Le jeudi 25 octobre 07, ce soir-là, la vigne et le vin permirent les correspondances offertes par les sens, la vue, l'ouie et le goût, principalement .. L'homme de goût pouvait rêver, qui d' harmonie, qui d'ivresse, dans ce palais des Beaux-Arts, où tout n'était plus que « luxe, calme et volupté » ... Il fut d'abord convié par des Guides enjouées à une" visite thématique",
« mythe et symboles du vin dans les collections ». Cinq groupes d'une trentaine de personnes étaient à ce rendez-vous, étonnant et fort encourageant succès... On commença par l'Antiquité, c'est bien connu, après le Déluge, que d'eau, que d'eau, Noé s'enivra des fruits de la vigne. Cependant, c'est Bacchus, Silène, les bacchantes qui descendirent des tableaux à notre suite, les coupes et les vases , évoquèrent les libations, Dionysos était content. Des fragments de frises provenant de la cathédrale de Cambrai permirent de rappeler les échanges de bière et de vin, les moines au moyen âge défrichèrent et plantèrent...ô Clos de Bourgogne ! Transition pour des représentations de la Cène, par exemple ce repas chez Simon, merveilleuse petite sculpture du XVIe ou ce grand tableau peint par deux maîtres, d'un côté Jésus, Marthe et Marie, de l'autre une nature morte, une vanité, décidément c'est Marie qui a choisi "la meilleure part"... « Le gobelet d'argent », 1730, étincelant chef-d'oeuvre acquis en 1990 par le musée, les lillois s'en souviennent, comme pour rappeler l'impertinent génie de Chardin. Quelques toiles du XVIIe, hollandaises et flamandes, pour insister sur l'aspect symbolique,der Art ou Abraham Beyeren par exemple, ou tout autrement pour retrouver les plantureuses chairs de Rubens, ce
« Cortège de Silène », du flamand Van Honthorst. Silène ou l'ivresse... Le groupe trois se débanda, notre guide s'éclipsa, nous laissant son prénom, Juliette, Juliette des esprits, sans doute, car l'esprit du vin était là... «

La, la la la, la la la ». «O vin, dissipe la tristesse », fragment, de l'Hamlet d'Ambroise Thomas, la rime à elle seule annonce que l'ivresse, Nocturne oblige, serait le thème principal. Chanson à boires ? Voire. L'air de Gounod : "Qu'ils sont doux" déversa ses glou-glou et le récital s'acheva par « Chanson paillardes » de Gounod. Répertoire du XIXe, Chabrier et Bizet furent de la fête, mais Boris Vian, en avant la zizique, "je bois" et Jacques Brel," l'ivrogne" aussi. À notre plus grand plaisir. Jimmy Vendeville était en tablier, en bon baryton il fut tour à tour aigu et grave. Chanteur et acteur à la fois. Il a la voix et le talent pour interpréter « la mélodie française », qu'il sert merveilleusement, sans grandiloquence ni préciosité.
Jean-Michel Dayez, pianiste, à la fois accompagnateur et complice, partagea équitablement les applaudissements du public sous les yeux de tous les personnages immobiles et muets encadrés dans tous les tableaux de cette salle du musée, devenue salle de concert. Ce « passionné de musique de chambre », a réalisé, entre autres, l'intégrale des sonates pour violoncelle et piano de Beethoven , avec Nicolas Deletaille.
Comme si cela ne suffisait pas, toujours avec esprit et légèreté, ivresse oblige, nos musiciens n'oubliaient pas les enchaînements : les noms du vin, une légende contant les origines du vin, etc. Le Poète a beau dire, la peinture, serait-elle à l'eau, la chanson, serait-elle à boire,il a beau dire qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse, en l'occurrence , c'est à la bouteille qu'il faut laisser le dernier mot. Quand le vin est tiré il faut le boire. Et le grand Jacques l'a répété dans " L'ivrogne" : « Ami, remplis mon verre... »

La dégustation organisée par le club oenologique « Les Vignes de Léo » réalisait le projet de l'ami Robert Cabal, un ami qui a quitté depuis, trop tôt, le banquet de la vie. Salut Robert... Dégustation. Le mot renvoie à l'indo-européen geus : éprouver, goûter, apprécier (le Petit Robert). Pour mieux parler du vin, oublions l' ivresse. Développons notre goût. Suivons patiemment le chemin qui mènera le vin du verre à notre "palais." Le président, Michel Cossart, comme il se doit et fort sobrement , présenta le Club , il rappela que, né sur les pourtours du bassin de la Méditerranée, le vin emprunta les quatre grands fleuves français : Loire, Garonne, Rhône... L'homme de goût avait déjà changé l'eau en vin, sans oublier le quatrième, le Bourgogne. Le pain et le vin étaient sur la table,tout un symbole, Bernard Petit,ceint de son tablier de caviste et de sommelier, entouré de quatre acolytes, allait pouvoir mener cette dégustation. Le Club vous invite à la découvrir plus en détail sur son site :www.vignes-de-leo.com, ou alors à une prochaine conférence-dégustation, le deuxième mercredi de chaque mois à 18 h 30, Salle des Acacias,Hellemmes lez Lille. Métro Hellemmes. En parlant de métro, il y a aussi République, Beaux-Arts... À bon entendeur. La, la la la, la la la... Robert me souffle un calembour, bons ou mauvais, il les aimait tant : Mets l'eau, dis , dans mon vin, sans moi ! De bon vin, ami, remplis mon verre... Tout le club est debout et entonne :" Carillon de Bourbourg..." « Adieu l'ami. . ».




LA DÉGUSTATION (4 vins)

Lucien, pour commencer, rappelle que la dégustation du vin est une QUINTESSENCE puisqu'elle utilise les CINQ SENS
-- le toucher, par le verre, le contenant : plus le verre est adapté, plus il est beau, meilleure est la dégustation.
-- la vue, pour évaluer la couleur, la transparence, la densité du vin
-- l'odorat : l'on hume le vin, l'on détecte ses aromes.
--l'ouie : l'on parle du vin, avant, pendant et après
-- le goût,c’est l’essentiel …

Ceci évoqué, il présente le premier vin : un SAUVIGNON de TOURAINE 2006 de chez CHIDAINE
Vin moderne, dit sur le fruit, un" vin de soif", dirait notre président.
C'est un vin de cépage : le sauvignon, qui s'épanouit à Sancerre, Pouilly sur Loire, qui participe à l'assemblage des Graves, des Entre -- deux -- mers et des liquoreux du S.O.
Sur les 30 hectares de chez Chidaine, l'on pratique la bio- dynamique. La vendange est manuelle.
A l'oeil, la robe est jaune pâle à reflets verts. Au nez, il est floral avec de la minéralité. En bouche, l'attaque est franche, l'acidité est présente sans excès, les tannins sont dissous, la longueur en bouche est plutôt courte, les saveurs sont relativement fortes. Ce vin"a" de la bouche. Après avoir évoqué quelques accords mets-vins Lucien présente le deuxième vin.

Un" BORDEAUX SUPÉRIEUR", Château BRONDEAU, 2005.
Ce vin, qui peut s'apparenter par sa qualité à un cru bourgeois, est bien noté par les grands sommeliers ( 16 -- 16,5 -- 18/20)
C'est un vin d' assemblage comme la grande majorité des bordeaux : 80 % de cépage merlot
15 % de cabernet franc
5 % de cabernet sauvignon
La vigne est conduite de manière traditionnelle avec vendanges mécaniques et tri de raisins avant pressage. Vieillissement en fûts de chêne.
Notes de dégustation :
--A l'oeil : rubis intense, brillant, opaque par la densité de couleur
--Au nez : fruits rouges mûrs, cerise, prune. Après deux heures en carafe : notes toastées, pain grillé, poivre, vanille. En fond de verre : violette, rose, réglisse.
-- En bouche : attaque suave, un velouté qui devient plus acidulé en milieu de bouche. Longueur et finesse, en fin de bouche.
Quelques accords savoureux,mets et vins sont présentés.Ce vin le permet généreusement.

Bernard PETIT rappelle que le pain qui accompagne cette dégustation, est un pain au levain, de chez Alex CROQUET. Yves se permet de signaler que ce pain est beau, la croûte parfaite, l'odeur et le goût caractérisés, les tannins sont présents : farine de fine fleur...Objet de dégustation." Mais brisons- la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation." (F. Ponge). Bref, le pain... et (au) le vin... Bernard présente donc le troisième vin...

DEGUSTATION DU 25 OCTOBRE 2007 (2 derniers vins)

AU PALAIS DES BEAUX ARTS DE LILLE


Par vocation la Vallée du Rhône a toujours été un passage privilégié entre le monde méditerranéen et l’Europe septentrionale ou atlantique.

Dès l’Antiquité, les Grecs s’infiltrent au cœur de la Gaule où ils pratiquent des échanges commerciaux. La culture de la vigne et du vin se poursuit avec l’arrivée des Romains en 125 avant J.C.

Dès le premier siècle après J. C., la concurrence entre les vignes reprend entre l’Italie et la Gaule Rhodanienne. C’est dans ce contexte qu’il convient de dater la construction de la villa gallo romaine du Molard, à Donzère et les ateliers d’amphores de la région.

Ces amphores fabriquées sur place, servaient au transport des vins et des sauces de poisson. Ces découvertes archéologiques, alliées à une étude historique déjà ancienne, permettent de situer l’origine des Côtes du Rhône comme antérieure à bien d’autres régions viticoles françaises.

Les Romains créent la ville de Vienne, puis le vignoble de Vienne dont la renommée est grande.

Ils mettent en valeur la campagne viennoise avec d’immenses travaux de défonçage, plantation de la vigne et construction de murettes protégeant les terrasses. Les coteaux très accidentés de la rive droite séduisent les Romains – Côte Rôtie à Saint Joseph – et s’annexent plus tard ceux de la rive gauche – Hermitage – Ils font de cette région une des plus belle de la Gaulle Narbonnaise. Dès le premier siècle ils ont donné l’impulsion d’un vignoble commercial.

Dès le XIVéme siècle, installés à Avignon, les Papes firent appel aux vignobles de proximité pour leurs besoins. Jean XXII le deuxième des sept papes fit bâtir le château de Châteauneuf du Pape. Benoît XII le troisième lance la construction du Palais des Papes.

Les XVII et XVIIIémes siècles marquent le progrès de la viticulture rhodannienne.

Au XVIIéme siècle, la « Côte du Rhône » est le nom d’une circonscription administrative de la Viguerie d’Uzès (Gard) dont les vins sont réputés. Une réglementation intervient en 1650 pour protéger leur authenticité de provenance et garantir leur qualité.

Un édit du Roi de France prescrit, en 1737, que tous les fûts destinés à la vente et au transport doivent être marqués au feu par les lettres « C.D.R. »
Ce n’est qu’au milieu du XIXéme siècle que la Côte du Rhône devient les Côtes de Rhône en s’étendant aux vignobles situés sur la rive gauche du Rhône. Cette notoriété, acquise au fil des siècles, est validée par les Tribunaux de Grande Instance de Tournon et d’Uzès en 1936.

Au XXéme siècle dans les années 30 sous l’impulsion du Baron Le Roy – homme audacieux et visionnaire – cette notoriété s’accentuera et prendra forme en 1937 par la consécration de l’AOC – Appellation d’Origine Contrôlée – Côtes du Rhône.

L’A.O.C., c’est la reconnaissance d’une réalité et d’une tradition rassemblant plusieurs éléments : un ou plusieurs cépages, un terroir, un savoir faire viti-vinicole.

Une organisation officiel national, l’I.N.A.O., fixe et contrôle les règles qui garantissent que les produits d’A.O.C. sont conformes aux critères de : production, délimitation parcellaire, cépages, méthodes culturale, récoltes, vinification.

Pour avoir le droit à l’A.O.C., un vin doit de plus être soumis obligatoirement à une analyse et à une dégustation qui contrôlent sa typicité et sa qualité.

Après cette page d’histoire le vin que nous dégustons est un Côte du Rhône village de Laudun situé sur la rive droite du Rhône, au Flanc sud du « camp de César »
Le vignoble du Château de Bord s’étale en terrasses sur des sols argilo-calcaires, paradis des minéralogistes car le sol recèle en quantité des fossiles d’huîtres et de coquillages marins.
Les vignes sont dominées par le Château de Bord, qui a été la demeure seigneurale dont la longue histoire remonte au XIéme siècle.
Du haut de cette colline, on découvre le vignoble qui s’étend sur 16 hectares plantés en Grenache, Syrah et Consault. Cela donne un vin de couleur rubis avec une bonne structure en bouche. Il se caractérise par des tanins bien fondus et une grande élégance.
Les cépages :
Grenache : c’est un cépage que l’on retrouve dans les vins des régions du Rhône,
du Languedoc et de Provence.
Ce cépage apporte la structure alcoolique, la rondeur et le moelleux.

Syrah : c’est un cépage que l’on retrouve dans les vins des régions du Rhône, du
Languedoc, de Provence, de Corse et du Sud Ouest.
Ce cépage apporte couleur et arômes.

Cinsault : c’est un cépage que l’on retrouve dans les vins des régions du Rhône,
du Languedoc et de Provence.
Ce cépage qui est peu aromatique apporte légèreté et souplesse.
Les cépages qui entrent dans un assemblage ne sont pas seuls à déterminer le résultat final. Le terroir, le micro climat, la méthode de vinification et le talent du vigneron joue un rôle essentiel.

Nous avons évoqué les tannins.
Le tannin est une substance au goût amer que l’on retrouve dans le thé très infusé. Il donne une sensation de bouche sèche. C’est un ingrédient essentiel des vins rouge, qui leur donne de la force et leur permet de s’arrondir en vieillissant. Un vin très tannique laisse une marque rouge brique caractéristique au bord du verre.

Le château de Bord est à boire à une température de 16°C environ. Il accompagnera les viandes rouges, les grillages, le confit de canard et les fromages affinés.

Bernard PETIT



« LES VIGNES DE LÉO »

Yves Crespel, Bernard Caudal, Bernard Petit.

http://www.vignes-de-leo.org

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