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Document d'archives [Giboulot-Beaune] Dne Giboulot, BeaunePar Isabelle LECLERCQ Les Terres Burgondes, VDP pinot beurot
Le pinot beurot est l'autre nom du pinot gris d'Alsace. Il fait partie des huit cépages autorisés de Bourgogne. Il est un cépage précoce. Emmanuel Giboulot veille à ce qu'il ne développe pas de caractère trop généreux. Il est essentiel, selon lui, de trouver sa maturité.
Olfaction des plus séduisante par ses combinaisons de notes florales, fruitées (la pêche, peut-être aussi l’abricot), d’amande, et de champignon.
Grande souplesse, dès la mise en bouche, en raison d'une acidité discrète, mais suffisante, rendant subtiles les émanations aromales, d'amande fraîche en particulier, pourtant qu'une minéralité crayeuse se veut parfaitement décelable!
Un certain relief dans la finale, là où l'acidité se manifeste le plus.
Un vin très agréable...
Côte de Beaune, La Grande Châtelaine, 2007
Un profil aromatique qui aux détours de manifestations minérales, florales et mellifluentes, emprunte l'itinéraire des plus belles expressions de Chardonnay.
Elles se retrouvent en bouche pour se mêler à quelques notes de brioche, de levure, ou de champignon de Paris, à des fruits secs, comme la noisette et l'amande. Le fruit frais fait son apparition : il me semble reconnaître le melon. Plus globalement, toujours en raison de l'amande, les saveurs tendent à se rapprocher du Calisson d'Aix.
Un bel équilibre, en raison d'une acidité parfaitement maîtrisée, discrète dans un maintien qui offre suavité et douceur, et davantage ressentie dans une finale qui s'en trouve alors agréablement galvanisée.
Côte de Beaune Les Pierres Blanches 2004
Un nez qui entraîne dans les alcôves melliflues, florales, et fruitées de la pomme et de la poire, qui se pare d'une note discrètement fumée. A mi-chemin entre le miel et le sirop, ce fumé traduit une présence minérale. Pour moi, la craie.
Un joli brioché, en bouche, de suaves amertumes, du fruit frais plein de légèreté pour parfaire un bouquet à la fois dense et subtil; le maintien est agréable, ciselé en dépit de ces impressions disparates, par des acidités gouailleuses, qui apportent tension et profondeur tout en même temps. Équilibre des saveurs et de son architecture.
La combe d'Eve, 2005
Le nez est plus rétif, mais il récompense notre patience : l'aération prolongée exhale les odeurs de brioche, mais surtout des arômes floraux magnifiques : le tilleul et l'huile essentielle de tilleul... Belle attaque, qui nous remplit d'aise immédiatement par la générosité des saveurs. L'acidité exerce une pression plaisante, et disparaît progressivement dans des allonges qui vont plutôt se laisser dominer par les expressions multiples du bouquet : fleurs séchées, jasmin, pêche, melon, agrumes. On trace aisément la trajectoire minérale : courbe ascendante, dans un style crayeux, graphité, pourtant diaphane...
Hautes Côtes de Nuits, En Grégoire, 2003
Olfaction séduisante aux empreintes terriennes, sauvages, et rustiques qui mêlent la suavité de notes faisandées, animales, de sève, de caramel et de mûres...
La bouche dévoile une partition d'arômes faite d'accords précis et harmonieux de gelée de cassis, de cerise, de cumin et de doux curry, avec quelques échappées, par touches légères, de torréfaction. Vélocité des manifestations acides(*) tant en attaque que dans une finale, suffisante, encore bien étoffée des meilleures saveurs, sanglée par des amertumes minérales. Amplitude et rondeur, donc.
(*)peut-être assez inattendues, pour ce millésime...
Beaune - Lulune 2002
Violettes et cerises fraîches, modifiées par des senteurs fumées. La bouche prononce des amers plutôt délicats, empreints de marques minérales de graphite ou de silex, et affriande les palais d'impressions assez saisissantes de sirop de fraise, de cerise kirschée, de cranberry, au caramel balsamique. Plaisir du moka... qui inévitablement rappelle le bonbon "Mon Chéri". Pétulance et sveltesse d'un vin, bien marqué par son acidité, qui prouve, s'il le fallait, maturité et équilibre, grâce au ressort qu'elle accorde à des sensations tanniques glissantes, souples, pourtant solides. Paradoxe gothique des voûtes en berceau... qui s'affaissent sur des arcs-boutants.
Isabelle LECLERCQ

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