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Document d'archives [Rasteau-Soumade] Domaine de la Soumade - RasteauPar Isabelle LECLERCQ Vin de Pays de la Principauté d’Orange, rouge 2004
Cabernet Sauvignon
Le nez combine des flaveurs animales et terriennes (la « capiteuse vapeur » campagnarde de la terre humide, pour reprendre Colette), au fruité acidulé de la cranberry. L’aération apporte des notes de tabac.
La bouche livre le passage d’une expression minérale affilée aux goûts de graphite, ouvre la venelle d’une vive salinité à l’estuaire d’une grande acidité et de tanins fermes, la rendant alors explosive sur des impressions amères.
Rasteau Villages 2006 (70% grenache, 20% syrah, 10% mourvèdre)
Le vin est mis en bouteille depuis quinze jours seulement.
Le nez se veut fruiteux (en particulier framboises et fruits rouges bien mûrs), et grisant des parfums floraux du lilas, la bouche assez étonnante en raison du paradoxe sensitif d’une ouverture douce et soyeuse en rupture soudaine par les amers dérangeants que l’acidité fait éclater. Toutefois, elle est pleine de fruits, et soutient des arômes juvéniles de framboise comme ceux que l’on goûte dans les pots de bébé.
Cuvée prestige 2005
Un nez séducteur et charmant… qui prépare donc une mise en bouche accueillante. Celle-ci est d’une tannicité particulièrement plaisante par son soyeux et sa souplesse qui permettent d’accepter l’acidité encore trop marquée. De discrets arômes de cuir, de poivre et de baie rose en contraposée d’une gelée de cassis plus mordante. Le nez s’épanouit vers d’agréables senteurs bigarrées de fleurs d’apparat et de plantes bulbaires…
Côtes du Rhône Les Violettes 2007
(Syrah/viognier/roussanne)
Le verre répand progressivement les parfums floraux du lilas, annonce le goût de la peau de pêche, de la confiture d’abricot en prédiction d’une grande fraîcheur. La bouche présente les caractères à la fois lascifs et endiablés d’une savoureuse sarabande de fruits vifs et charnus (cranberry, pêche) relevés de notes épicées et d’herbes aromatiques (laurier). Précisément, elle me rappelle la pêche à la truffe. Une jeunesse ébouriffante, forcément, mais annonciatrice (en raison de la sagesse déjà acquise des tannins) de prochains grands plaisirs.
(Je n’ai pas senti la violette…sad smiley)
Gigondas 2006
Le nez développe le fumé appétissant des bouquets garnis, et ouvre l’éventail d’une exhalaison herbacée (origan, marjolaine (?), et peut-être romarin).
La bouche est d’une corpulence vive et fraîche, tonique donc, soutenue par une colonne acide qui accorde fougue, prestance, pour un vin cependant domestiqué par un joli goût de poivrade, puis par l’apparition de la burlat en douce consolation de l’amertume du cresson apportée en finale.
Rasteau Village Confiance 2004
Etonnamment, en plus de son fruité, on lui respire des notes de cirage et de fourrure. La bouche conserve assez peu cette particularité olfactive, mais développe plutôt une minéralité aux accents de graphite et de fer. Dominent des flaveurs fruitières fraîches et épicées. Je pense au cocktail d’artichaut poivrade et de fraise. Exquises sensations tanniques… pour une bouche fluide et souple.
Fleur de Confiance 2005
Le nez confine tous les effluves des cuissons des groseilles et du cassis, enrobés de surcroît d’un fumé assez saisissant. Il nous met en appétit… La bouche fait entrer quelque portion de thym, de laurier, de romarin et de compotes de fruits rouges, et reverse des senteurs de tabac. Le boisé pour cette cuvée se veut résineux. Le vin semble d’une maturité parfaite en raison d’une ossature tannique dont il ne s’est pas déparé pour le bien de sa vivacité.
Isabelle
Isabelle LECLERCQ

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