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Document d'archives [Cap vert] UNE DEGUSTATION EXOTIQUE !
DES VINS VENUS D’AILLEURS :
LE CAP VERT.
Ne reculant devant rien, deux adhérents, Guy Grard et Robert Cabal n’ont pas hésité à payer de leurs personnes pour apporter une information aux adhérents des Vignes de Léo, sur des vins venus d’ailleurs qu’il est difficile de goûter dans nos régions : les vins du Cap Vert.
Pour mémoire, les îles sont situées dans l’océan atlantique, au large du Sénégal, proches de l’équateur et elles sont d’origine volcanique.
Les vignobles sont exclusivement situés sur l’île de Fogo (l’archipel en compte 12), cette île ronde est marquée par la présence d’un volcan qui est encore en activité (dernière éruption en 1995) et qui apporte aux sols une fertilité souvent renouvelée. D’autre part de nombreuses sources apportent une humidité qui compense la chaleur et surtout le dessèchement lié à la présence des alizés qui soufflent constamment.
La vigne est cultivée sur la partie basse de l’île, à une altitude moyenne de 200 mètres, dans le nord-est, à flanc de volcan dans la partie la plus verdoyante qui comprend des plantations de bananiers, de café, de papayers et d’orangers.
Ce vin local, appelé Manecom, est principalement caractérisé par l’absence complète d’additifs chimiques. Il est principalement produit par la coopérative du Cha Das Caldeiras qui, avec l’aide technique d’une coopérative viticole italienne, a mis en place une production de vins blanc, rosé et rouge, très fruités et gouleyants. Quelques producteurs ont décidé de prendre leur indépendance par rapport à la coopérative et réalisent leur propre production, le plus connu étant Ramiro Montrond qui a produit le vin que nous avons dégusté.
La production de Raimondo se fait essentiellement sur le vin rouge et le blanc avec des techniques comparables aux productions bordelaises avec un passage en barriques, mais sans précisions si elles sont neuves ou déjà utilisées.
Ce vin est réalisé à partir de cépages traditionnels locaux qui s’apparentent aux cépages méditerranéens utilisés chez nous : tanat, mansing, arrufiac, marsanne et syrrah.
D’une belle couleur grenat, ce vin particulièrement fruité est marqué par une certaine minéralité, certainement due à la culture sur des pierres volcaniques, qui lui donne une relative fraicheur, étonnante par rapport à la situation géographique des l’île. Au gout, il apparaît quelques notes poivrées, peut-être liées à la présence de Syrrah, mais surtout une profondeur intéressante qui donne une persistance gustative importante marquée par des notes grillées, quelque peu miellées, sur des tanins qui restent présents et fermes mais sans écraser l’ensemble.
Ce vin, qui est particulièrement recommandé à boire sur des viandes rouges, a malheureusement été dégusté en accompagnement de langoustes péchées localement, ce qui n’a pas manqué de modifier nos perceptions et peut-être de les embellir….
Il n’en reste pas moins que si ces vins semblent intéressants à boire sur place, il ne semble pas recommandé d’en rapporter dans nos contrées froides et enneigées pour ne pas se retrouver confronté à quelques désillusions qui nous ferait modifier l’impression générale positive d’une dégustation sur place.
Il serait bon que chaque adhérant puisse donner ses impressions sur des vins inhabituels et étonnants qu’il a pu découvrir lors de ces déplacements.
Guy Grard et Robert Cabal, février 2006.

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